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Objectifs, moyens mis en oeuvre et public ciblé.

Les objectifs du CATI n'ont pas changé depuis sa fondation. Au-delà de l'acquisition des compétences de base dans l'apprentissage de la langue par l'écoute, la parole, la lecture et l'écriture, les formations visent à rendre l'apprenant autonome et acteur social dans la société d'accueil. Charles de Raikem n'avait pas autre chose en tête lorsqu'il a commencé à aider les familles à rédiger leur courrier! Pour réaliser ces objectifs, les moyens mis en oeuvre étaient, les 15 premières années, des cours de français de différents niveaux, des cours d'arabe non-classique (marocain) et un cours de calcul.

Les cours d'arabe étaient donnés essentiellement par des militants du Rassemblement Démocratique Marocain (ROM). Suite au désintérêt du ROM et malgré les efforts du CATI pour les réinstaurer en investiguant d'autres filières, les cours d'arabe ont été supprimés en 1985. Le cours de calcul a, quant à lui, été supprimé début des années 90, faute de candidats.

Comme c'est encore le cas aujourd'hui, le nombre de niveaux (de français) et d'heures de formation dépend essentiellement du nombre de formateurs et de leur disponibilité. 4, parfois 3, niveaux de français ont été assurés jusqu'à la fin des années 80 mais en mai 1990, il tombe à 2 ! 10 ans plus tard, la formation offerte par le CATI comporte 6 niveaux et depuis 2 ans, elle en compte 7 (4 niveaux en filière alpha et 3 niveaux en filière FLE). A l'exception de l'école des devoirs, le public ciblé étant essentiellement des travailleurs, les formations se donnent, aujourd'hui encore, le soir en semaine. Suite à une forte demande, le cours du dimanche est réinstauré immédiatement après la décision de sa suppression en septembre 1986 et est maintenu jusqu'en 1990.

Les formations dispensées par le CATI durant les 15 premières années de son existence s'adressent (école de devoirs exceptée) à des travailleurs immigrés masculins d'origine quasi exclusivement marocaine. D'où les efforts pour maintenir les cours d'arabe ...

En février 1988, le CATI s'interroge : "Devrions-nous prendre une nouvelle orientatian ? Nous ouvrir aux Turcs et aux femmes ?" et invite une assistante sociale arménienne à lui parler des Arméniens, Araméens, Chaldéens, Kurdes et Turcs qui sont orthodoxes, catholiques ou musulmans.

Notre public a bien changé depuis et constitue, je crois, un échantillon assez fidèle de la société multiculturelle des primo-arrivants en constante évolution. Il s'agit toujours d'adultes, mais qui sont aujourd'hui très majoritairement sans emploi et pas en mesure d'acquérir le statut de demandeur d'emploi ; 50 % sont des femmes ; 38 % sont originaires d'Europe centrale ou orientale, 27 % d'Amérique latine et 15 % d'Afrique du Nord (chiffres de la rentrée 2005-2006 ; 110 inscrits).

Si l'apprentissage de la parole, de la lecture et de l'écriture du français reste le moyen principal pour atteindre nos objectifs, il n'est pas le seul. A propos de la loi Gol 2, le CATI constate en mars 1984 que "le malaise grandit dans les familles, face aux problèmes de racisme, de la crise économique et d'un éventuel retour au pays. Beaucoup de travailleurs se sentent menacés. (...) Nous devons donc porter notre attention sur toutes ces questions dans les cours d'alphabétisation" et termine par des recommandations pratiques.

Depuis 45 ans, les moments forts de l'année sont incontestablement les fêtes organisées fin décembre et fin juin, avec remise des 'diplômes', repas en commun, jeux, présentation de travaux, etc ... Ainsi que l'excursion de la mi-juin de toute l'école qui a pour but de faire découvrir la Belgique à nos apprenants et leurs familles (en 2003, croisière sur les canaux du Centre ; en 2004, Bokrijk ; et en juin 2005, le train à vapeur des trois vallées à Mariembourg).

 

Des formateurs tous bénévoles.

Bien qu'il se soit souvent demandé si le moment n'était pas venu de faire appel à un ou plusieurs collaborateurs rémunérés, jusqu'à présent le CATI n'a jamais franchi le pas et n'a, à ma connaissance, jamais recruté de membres et d'animateurs ou formateurs autres que volontaires. Pourquoi ? Parce que personne n'a jamais trouvé le temps d'introduire une demande de subvention à cet effet ? Absence de locaux propres ? Crainte de la paperasserie supplémentaire ? Crainte de ne pas pouvoir rentabiliser suffisamment le salaire investi ? Crainte de voir s'installer 'un état dans l'état' au sein de l'association ? Risque de perdre une certaine indépendance et un certain état d'esprit, une certaine ambiance ? Il y a de tout cela. Et il faut croire que jusqu'à aujourd'hui ces raisons ont prévalu sur le confort de disposer de quelqu'un qui n'aurait pour seule occupation (rémunérée !) que celle d'accomplir les tâches innombrables que nous effectuons, généralement en courant, en sus de nos vies professionnelles et familiales. Outre les 2 heures de cours par semaine et leur préparation, les réunions pédagogiques et les formations de formateurs, il y a le recrutement de nouveaux animateurs (affiche à rédiger et à apposer, annonce dans la presse, interroger Lire et Ecrire et l'Association pour le Volontariat, formation ... souvent sommaire), la préparation des inscriptions (rédiger l'affiche quadrilingue, la placarder dans les commerces du quartier, adapter et imprimer le formulaire d'inscription et les tests), les inscriptions (2 fois par an de 18h30 jusqu'à parfois minuit) et la constitution des groupes, la préparation de la fête de fin d'année et du barbecue de la mi-juin, l'organisation de l'excursion, la tenue des assemblées générales, la rédaction de l'ordre du jour, la convocation des membres, la rédaction du PV, le dépôt au Greffe du tribunal de Commerce, la rédaction des rapports de réunion, la diffusion (merci Internet !) des informations internes et externes concernant l'alpha, les formations de formateurs et les formations destinées aux apprenants. Il y aussi les conférences et les réunions - de plus en plus nombreuses - à l'extérieur (Lire et Ecrire Bruxelles et Zone Nord-Est, COCOF, Commission de Concertation Sociale de la Commune de Schaerbeek, etc.), la gestion des relations et des conflits éventuels avec le bailleur de nos locaux, la tenue des comptes (bientôt conformément à la nouvelle loi sur les asbl), leur présentation à la COCOF (et maintenant ayssi à la Commune de Schaerbeek), l'introduction des demandes de subvention, la gestion des comptes en banque, le remboursement aux formateurs de leurs frais et la chasse aux justificatifs (récurrente depuis 30 ans !).

Quel est le profil du formateur du CATI d'aujourd'hui ? Nous sommes plus de 20 pour l'instant. Une majorité de femmes, une constante depuis 45 ans! Presque tous ont une formation universitaire ou un graduat/baccalauréat  (enseignantes, juristes, juristeanthropologue, économiste, ingénieur, philologue, communication & relations publiques, etc). Les formateurs du CATI deviennent par ailleurs, au fil des années, de plus en plus ... jeunes, même s'il y a encore nombre de (pré)retraités parmi les formateurs. Est-ce une tendance générale du volontariat ou est-ce dû au fait que ces deux dernières années nous avons beaucoup recruté dans les Hautes Ecoles de Bruxelles ?

 

Recrutement et stabilité des formateurs.

Le recrutement et la stabilité des formateurs ont toujours été parmi les problèmes principaux auxquels le CATI doit s'attaquer quasi en permanence. Ce n'est que très exceptionnellement que l'équipe de formateurs reste inchangée d'une année scolaire à l'autre et généralement nous procédons aux inscriptions de septembre sans disposer d'une équipe complète. Il est habituel aussi qu'au cours de l'année scolaire (en janvier ou février généralement), nous devions pourvoir au remplacement de l'un ou l'autre.
 Quelle est là motivation profonde d'une personne qui fait la démarche de se consacrer quelques heures par semaine à l'alphabétisation ? J'aurais des difficultés à fournir la réponse en ce qui me concerne.

Et à cette question, il y a, bien entendu, autant de réponses (s'il y en a !) que de formateurs. Et qu'est-ce qui décide un animateur à rester au CATI ? Ici aussi les réponses seraient multiples et variées mais il est évident qu'un formateur aura le sentiment de ne pas perdre son temps, de faire du bon travail, s'il fait partie d'une organisation stable, d'une association structurée. Le CATI est pour l'instant en bonne voie de le devenir mais cela n'a pas toujours été le cas, avec des conséquences parfois dramatiques et immédiates sur la qualité des formations données et le recrutement de nouveaux collaborateurs.

 

Vers un programme de formation.

La communication interne, surtout entre les 2 ou 3 formateurs ayant en charge un même groupe, est un souci mis régulièrement à l'ordre du jour. Certains y remédient par le traditionnel 'cahier de classe' (préconisé en 1985 !), d'autres utilisent internet et d'autres encore ... ne s'échangent pas (ou peu) d'informations sur leur groupe. Mais le fait d'être informé de ce que le collègue a fait au cours précédent ne signifie nullement programme de formation homogène, loin s'en faut. En cette matière, un premier pas important a été fait en 2003 lorsqu'un (1er ?) Programme de formation pour le CATI a été réalisé à notre demande par le conseiller pédagogique mis à notre disposition par Lire et Ecrire dans le cadre du Plan Bruxellois pour l'Alphabétisation. Outil très utile et programme de référence incontournable pour certains d'entre nous, il doit être complété, les niveaux supérieurs n'y étant pas repris. Aurons-nous bientôt un nouveau Programme de formation pour le CATI ?
 

Gestion et comptabilité.

Ce n'est que très occasionnellement que le CATI a fait appel à de l'aide extérieure pour tenir sa comptabilité. Celle-ci, tout comme la gestion des comptes en banque, l'établissement des comptes annuels et l'introduction des demandes de subvention est prise en charge par un formateur qui devra, nouvelle loi sur les asbl oblige, y investir encore un peu plus de son temps dans les années à venir ... ou devra apprendre à déléguer !

Durant les 20 premières années de son existence, le CATI n'a cessé de trembler, craignant de se voir couper sa subvention à cause de l'un ou l'autre manquement ou non-respect de la procédure. C'était sans compter sur la bienveillance, toujours actuelle d'ailleurs, de l'autorité subsidiante (COCOF, Insertion sociale) puisque nous avons, sauf erreur, bénéficié tous les ans d'une subvention variant de 1.300 à 3.700 € (années 1980 et depuis 2000). Actuellement, la moitié de nos dépenses (principalement le loyer, les frais de photocopies, les achats de matériel et d'ouvrages pédagogiques, les frais de déplacement, de formation des formateurs et de l'excursion annuelle) est couverte par la subvention, rautre moitié par les droits d'inscription non-remboursés et nos réserves.

Jerry van de Put
Formateur et administrateur du CATI

1. Fédération de syndicats, universités et groupes de base pour lutter contre l'exclusion sociale à Bruxelles.
2. La politique d'immigration menée en Belgique depuis 1981 s'articulait autour de deux principes fondamentaux : poursuivre efficacement l'arrêt de nouveaux étrangers extén'eurs à la CEE d'une part, et favoriser l'intégration progressive des, étrangers résidant régulièrement en Belgique d'autre part. Pour poursuivre cette politique, le gouvernement déposa sur le bureau de la Chambre, à la mi-octobre 1983, le projet de loi relatif à certains aspects de la condition des étrangers et instituant le Code de la nationalité belge. Ce projet est devenu la loi Gal du 28 juin 1984. A côté des mesures permettant un accès plus large à la nationalité belge, le législateur avalisa les non-inscriptions dans certaines communes de l'agglomération bruxelloise concentrant un grand nombre d'étrangers et limita les possibilités de regroupement familial, le droit de l'aide sociale des étrangers et la possibilité de venir faire des études en Belgique.


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